Kanye West vs l’industrie musicale: Et si on parlait publishing !?

Malgré les nombreux contenus sur l’affaire Kanye VS l’industrie musicale peu évoquent notre sujet préféré : L’édition musicale (ou le publishing pour les bilingues). J’ai déjà abordé l’affaire en surface dans le premier Top News Publishing (que je t’invite à aller voir si ce n’est pas déjà fait) mais je pense qu’il y a encore à dire.

 

The artist deserve to own our masters …

artist are starving without tours …

Ima go get our masters … for all artist … pray for me

 

Kanye West réclame  la possession des masters pour les artistes. Mais commençons par le début, qu’est ce qu’un Master ?  Le Master est l’enregistrement de référence de l’œuvre. Il s’agit de la version de l’œuvre dont va découler les droits de production. Selon les règles établies par la loi américaine sur le droit d’auteur de 1976, les artistes peuvent récupérer leurs enregistrements originaux 35 ans après la sortie du disque. Mais Kanye n’a visiblement pas la patience d’attendre 2038 pour commencer à récupérer ses masters.

Des revendications plus phono que publishing

Quand Kanye West parle de Copyright il s’agit essentiellement de droits voisins (= droits des producteurs, interprètes).  Même si c’est dans une plus moindre mesure  ses revendications concernent  aussi les droits d’auteurs.  En 2019, Kanye West tente de rompre son contrat d’édition avec EMI publishing. Parmi ces nombreuses demandes, il y avait celle de la propriété de ses œuvres. EMI perçoit 50% de ses droits d’auteurs. Hors Kanye West désire posséder l’intégralité de ses éditions (soit droits d’auteur). C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a tenté un rachat de celles-ci qui lui a été refusé. L’affaire s’était finalement terminé avec un accord confidentiel.  Mais voici que depuis quelques jours Kanye West est revenu à la charge, mais cette-fois il abandonne le terrain judiciaire pour celui de l’oiseau bleu (je suis d’humeur poétique aujourd’hui), en divulguant  les pages de ses contrats de production la semaine dernière.

« New recording and publishing deal guidelines »

Yeezy développe  dans une suite de tweet  une liste d’instructions et d’exigences de ce que devrait être les contrats de la musique pour les artistes.  Kanye souhaite que l’éditeur et le label soit des prestataires auxquels l’artiste louerait ses droits pour une durée d’un an.  La notion de propriété semble décorréler de la notion d’investissement. Si le producteur est propriétaire des enregistrements, c’est parce que c’est lui qui les financent. Et si l’éditeur possède des droits d’auteurs c’et parce qu’il fait (a priori) un travail d’exploitation de l’œuvre. Pour posséder l’intégralité de ses droits un artiste doit financer et prendre en charge l’intégralité du processus. Le modèle d’artiste que décrit Yeezy (mettons nous à l’aise !) est rare mais existe, c’est celui de l’artiste auto-produit en  gestion éditoriale.

Libérateur ou manipulateur ?

Celui qui possède déjà certains de ses masters est un homme d’affaire. Kanye West prétend vouloir être le libérateur des artistes mais ne soyons pas dupe. Avec sa société d’édition  « Please gimme my publishing » (Du Kanye tout craché) il possède des parts d’édition d’œuvre dont il a été producteur. Au travers son label « Good music » a signé le beatmaker Hit Boy, aujourd’hui encore coincé dans un contrat d’édition avec Universal Music Publishing Group décrit d’après les avocats du beatmaker comme « le pire contrat d’édition qu’ils aient jamais vu ».

Et après ?

A l’inverse de Rolling Stone, je pense pas qu’il gagnera sa guerre pour les contrats de la musique. Certaines de ses propositions sont intéressantes et seraient à creuser par l’industrie musicale. Mais pourquoi Kanye West ne crée pas une alternative ? A l’instar de Jay-Z avec Tidal pour le streaming. Sur Twitter, Kanye West à fait la promotion de United Masters. La société de Steeve Stoute qui propose de la distribution digitale. En France on connaît comme équivalent i-musician, Spinnup ou encore Idol. Mais ici encore il s’agit d’édition phonographique et non pas d’édition musicale. Pour le secteur de l’édition musicale, il y aurait beaucoup à faire, j’ai d’ailleurs quelques idées mais elles ne sont pas gratuites… Les affaires sont les affaires !

 

 

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