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L’achat de beats : le business de la viralité

Acheter un beat est de plus en plus simple, car ceux-ci n’ont jamais été aussi accessibles : Youtube, Beatstars, Airbit ou sites de beatmakers, le choix est large. Pourtant, depuis quelques années, un phénomène a fait son apparition dans l’industrie musicale.

 

L’achat de beats

 Lorsqu’un artiste paie une licence sur ce type de site, il s’agit en général d’une licence qui permet l’utilisation du beat ainsi que la monétisation de la chanson. Dans ce type de cas le beatmaker ne cède pas ces droits, mais seulement une autorisation d’exploitation limitée. Mais désormais des structures investissent sur l’achat de beats (vous vous dites sûrement que je ne vous apprends rien, mais vous allez bientôt comprendre.). Ils identifient les titres qui fonctionnent sur Tik Tok, recherchent l’instrumental et achètent les droits aux beatmakers afin de pouvoir détenir 50 % d’un potentiel tube. 

 

  • Une pratique légale

Ces structures obtiennent les droits de manière légale, elles les négocient et les achètent auprès de leur compositeur. Il s’agit souvent de compositeurs peu connus parfois même amateurs, elles parviennent donc souvent assez facilement à se faire céder les droits sur ces beats.

 

  • Légale mais pas morale ?

Voir un beatmakers se faire « déposséder de sa prod » est assez fréquent tandis que voir un artiste se faire déposséder de sa prod est un phénomène assez récent, mais qui semble encore peu répandu en France (heureusement pour nous). Cette pratique est justifiée par Justin Goldman chasseur de talent : « Ce n’est pas de ma faute si des agents inexpérimentés ou une équipe d’artistes trouvent injuste d’acheter des beats ». Les détracteur de l’homme d’affaire accuse la méthode à être assimilé à une forme de prise d’otage et de collaboration forcée. 

 

L’affaire Caleb Hearn « Always be » 

Caleb Hearn, jeune artiste, tombe par hasard sur un beat. Celui-ci lui inspire un titre sur la mort de son meilleur ami. Le titre devient viral sur Tik Tok. L’agence ’94 Sound le repère souhaite collaborer avec l’artiste, mais celui-ci est déjà entouré et refuse la proposition de collaboration. L’agence n’acceptant pas « non » comme une réponse décide d’acquérir les droits de l’instrumental à l’insu d’une jeune Caleb. L’artiste se retrouve donc forcé de collaborer avec l’agence qui possède désormais les droits de composition de sa chanson. 

 

  • Artiste : protect your neck !

94 Sound est connu pour cette pratique et n’hésite pas à poursuivre certains des artistes qui ont payé des licences non-exclusives pour les beats dont ils parviennent à obtenir les droits. Goldman (pas Jean-Jacques hein, ok je sors) justifie ces procédures ainsi :  “A la seconde où j’achète les droits exclusifs… ces licences non exclusives sont invalides“. Les licences non-exclusives sont simples et peu couteuses, ces licences comportent des lacunes et des limites qu’exploitent justement des sociétés telles que 94 Sound. Soyez vigilants sur les sites sur lesquels vous achetez vos licences et les termes de celles-ci.

 

  • Beatmaker : quel est ton prix !?

La question de la propriété est essentielle. Pour ma part, j’ai du mal à comprendre pourquoi un beatmaker dont le beat devient viral accepte de céder ses droits d’auteur. Quoi qu’en vérité, ces structures doivent probablement faire face à des compositeurs qui n’ont pas conscience de ce que représente le droit d’auteur. On a tous en têtes une somme pour laquelle on est prêt à renoncer à nos droits d’auteur (le mien se situe sûrement autour du million d’euros, venez me dire le votre en DM Instagram, ça m’intéresse ahah). Les artistes ne comprennent malheureusement pas toujours la nécessité de penser long terme. Il paraît qu’on a tous un prix, mais avant d’accepter de renoncer à tes droits, réfléchis bien !