Le rap dans la synchronisation publicitaire : une goutte d’eau dans la mer

La synchronisation est la monétisation du droit de diffusion d’une oeuvre musicale dans une oeuvre audiovisuelle.

Il n’existe pas de droit de la synchronisation musicale en tant que tel dans le CPI (Code de la propriété intellectuelle, je sais que tu sais c’est juste au cas où ) mais elle possède tout de même un cadre juridique. Toute incorporation d’une oeuvre à une autre nécessite l’autorisation des ayants droits de l’œuvre originale. Dans un clip vidéo, l’image est au service de la chanson tandis que dans le cadre d’une synchronisation c’est l’inverse. La synchronisation publicitaire est une branche de la synchronisation musicale.

La synchronisation musicale un monde à part entière

Les rôles de responsable synchronisation et superviseur musical sont centraux mais restent méconnus de beaucoup d’entourage de rappeurs ou beatmakers. La question du réseau est essentiel, il ne s’agit pas forcement de copinage mais simplement d’être intégré à des réseaux ou plateformes qui donnent accès à des briefs (textes qui donnent des indications sur la musique recherchée pour le projet).  Les opportunités de propositions à des superviseurs musicaux ou agences de pub ne sont pas faciles d’accès. La synchronisation publicitaire est un monde à part entière qui est d’ailleurs plus proche de la publicité que de la musique et donc du rap.

Un axe de développement intéressant

La synchronisation musicale est rémunératrice.  C’est d’ailleurs pour cette raison que les majors ont un service dédié et que certains éditeurs indépendants se spécialisent dans le secteur. La synchronisation génère des droits d’auteur ainsi que des droits voisins mais ses revenus sont souvent surestimés. La synchronisation publicitaire peut être considérée comme la plus rémunératrice selon le canal de diffusion (une diffusion internet ne rapporte pas autant qu’une diffusion télé, logiquement). Au delà de l’aspect financier la synchronisation permet de lancer des carrières.  Avoir un titre dans une publicité ou un film  constitue une réelle opportunité pour un artiste (les mauvaises langues diront que le rap fait déjà assez d’argent… on a jamais trop d’argent !).

 

 Une marque de luxe m’a dit : on veut pas de rap 

 

 

L’image mais pas le son ?

Le rap s’est adoucit, jusqu’à devenir une musique que l’on peut qualifier de mainstream (j’aurai pu le dire en français mais ça sonnait moins bien) mais cela ne semble pas suffisant. La publicité semble accepter le rap de manière partielle. Les marques souhaitent bénéficier de la popularité du rap ainsi que de son public.  Adidas dans sa dernière campagne met à l’honneur des artistes du rap français, mais une fois de plus il s’agit d’image et non de musique.  A l’exception du sportswear, en France, les marques hésitent encore à faire appel aux rappeurs. On constate dans la publicité que le rap est beaucoup mieux accepté lorsqu’il est americain. L’argument récurrent est le contenu explicite des textes, un argument obsolète . Apple nous l’a d’ailleurs prouvé  lors de la sortie de l’Iphone X (non, je ne suis pas sponsorisée mais j’aurais bien aimé). La campagne met  en avant 3 artistes rap aussi bien visuellement que musicalement : Chilla, Reef et Lomepal. Preuve que rap et publicité peuvent faire bon ménage.

 

Tandis que dans de nombreux pays dont les États Unis, même les marques de luxe ont compris le bénéfice de la synchronisation du rap. En France, visiblement son succès économique ne suffit pas encore à convaincre les marques… Il va donc (encore) falloir être patient !

 

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