Les rappeurs et la Sacem : Je t’aime, moi non plus !

Les rappeurs mentionnent de plus en plus la Sacem dans leurs textes.

Les exemples sont nombreux : Vald , Larry, Dika, Niska etc.  (et ça n’a pas l’air d’être que pour la rime). La Sacem est la société de gestion collective française qui se charge de la perception et de la répartition des droits d’auteurs, Sacem est l’acronyme  de “société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique”. Contrairement aux idées reçues il s’agit d’une société privée, il n’est d’ailleurs pas obligatoire de s’y inscrire (mais je te le recommande fortement).

La Sacem a fait pendant longtemps l’objet d’une mauvaise réputation dans le rap.

La nécessité de s’y inscrire n’a pas toujours été aussi évidente qu’aujourd’hui. La Sacem est désormais identifiable. Rares sont ceux qui comprennent le travail de collecte et répartition de l’organisme (et la plupart s’en moquent) leur seule préoccupation est de « toucher sa Sacem ». L’édition musicale reste encore un secteur confidentiel dans le rap malgré la popularité de la Sacem.

 

 Michto lova m’aime de toute ma Sacem .

 

Ce qui fait rêver c’est  l’argent !

Les principaux acteurs de la musique identifiés par les rappeurs et les beatmakers sont la Sacem et les majors. La raison est simple, ils sont identifiés comme des canaux de revenus importants. Les avances et les droits font rêver et donnent place à beaucoup de fantasmes. Les rappeurs idéalisent les revenus des artistes de variété : Kalash Criminel rêve d’avoir La Sacem de Florent Pagny.

 

La Sacem aime-t-elle seulement l’argent du rap ?

Les rappeurs et les acteurs du rap ont pris conscience de l’importance de la Sacem pourtant la réciproque ne semble pas être vraie. Plus personne ne peut ignorer le succès populaire et le poids économique du rap dans l’industrie de la musique. Il sont  parfois à des postes symboliques mais pas à des postes de décisionnaires. En effet, au sein du conseil d’administration aucun représentant du genre musical n’est présent. Pourtant depuis plusieurs années déjà, des acteurs du rap  se présentent mais aucune de leur candidature n’a jamais aboutie.

 

Le rap est le grand absent des instituions de la musique.

A ma connaissance, il n’y a que la SPPF qui fait exception, avec la présence de Hichem Bonnefoi (Tefa pour les intimes) dans le conseil d’administration. On constate l’absence flagrante de représentants du rap ou de la « musique urbaine » (rien que de l’écrire ça m’a fait mal) dans beaucoup d’institutions. Au vu de la place que prend le rap, il devient de plus en plus nécessaire et légitime de mettre au sein des institutions de pouvoir de l’industrie musicale, des professionnels (indépendants) issus du rap. Les modes de consommation de la musique se renouvellent, les artistes aussi, à quand les conseils d’administration ?

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