Musique et métadonnées : Une utopie en cours de construction ?

Les métadonnées permettent de tracer les oeuvres et redistribuer les revenus.  Elles sont l’outil essentiel des plateformes de streaming mais plus généralement de l’industrie de la musique toute entière. Pourtant, il n’existe pas de base de métadonnées musicales internationale unique, Pourquoi ? 

 

Une base de données unique : utopie ou projet réalisable ? 

La problématique des erreurs des métadonnées est connue et considérée par l’industrie. En 2019, Au Midem s’est tenu une conférence sur le sujet « The Future of Global Rights Management – Midem 2019 » (les sous-titres automatiques français semblent bons). On y apprend que la SACEM était à l’époque en réflexion sur une base de données partagée et décentralisée, avec des capacités de suivi et d’actualisation en temps réel. Le projet associait la SACEM et PRS for Music (Performing Right Society for Music) pour une plateforme visant à optimiser l’identification. Le problème, ce ne sont pas les métadonnées, mais leur qualité. Dans un monde parfait, les métadonnées seraient récoltées sur une plateforme qui constituera la base de données de référence de l’industrie. Les métadonnées y seraient transmises par les créateurs en temps réels. Les informations seraient ensuite vérifiées afin de corriger les éventuelles incohérences et métadonnées manquantes avant leurs publications. Une oeuvre incomplète et dont les métadonnées n’auraient pas été certifiées par la plateforme ne percevrait aucun revenus. Dictatrice ? Non, pas mon genre ! Mais à mon avis sans ça, ça ne marchera pas, car comme dirait Samuel « quand tu touches la poche de quelqu’un.. ». 

 

Songview : La tentative américaine 

Aux Etats-Unis, les deux sociétés de gestion de droits ce sont associées pour créer une base de données. Le projet est vendu comme la première étape vers l’évolution d’une accessibilité et une transparence des données. Songview permet d’accéder aux répertoires  mutualisés de l’ASCAP et BMI ainsi qu’a des informations vérifiées. Avec le poids croissant du numérique et de la dématérialisation l’industrie musicale à besoin de données vérifiées et centralisées. 

La création d’une base donnée mondiale centralisée a été tenté plus d’une fois, mais reste jusqu’aujourd’hui sans succès. Certains justifient cet échec, notamment avec la législation sur le droit d’auteur qui diffère selon les pays. Rappelle-toi, je t’avais déjà parlé des différences entre copyright et droit d’auteur. Les ambitions précédentes étaient probablement trop élevées (oui, j’ose). Le volume de données produites par jour est colossal (j’avoue) mais n’est-il pas possible de créer simplement une base de données fiable ? Oublions d’abord les histoires de pourcentages et de législations. Dans un premier temps, la rédaction des métadonnées devrait être mondialement uniformisé. Donner accès à des crédits propres et vérifiés serait déjà une incroyable avancée. 

 

Et si les plateformes de streaming musical constituaient les bases de données fiables de demain ?

Depuis plusieurs années, déjà les plateformes de streaming mènent des campagnes autour de l’importance des crédits. Spotify et son Songwriters hub avec des crédits cliquables et les playlists  « Written by » composées du catalogue de l’auteur (qu’il en soit l’interprète ou non). Ces initiatives concernent encore uniquement quelques auteurs et compositeurs privilégies américains, mais vise à être étendue. TIDAL de son coté à lancé une base de données approfondie. Elle permet de créditer les auteurs, compositeurs, musiciens de session, beatmakers ainsi que les ingénieurs du son. La qualité des métadonnées est actuellement un enjeu et une opportunité pour ces plateformes. Mais pas seulement, les agrégateurs de musique sont également désignés comme des acteurs majeurs vers cette plateforme utopique.

 

La réalisation de ce projet titanesque doit passer par les institutions mais pas seulement, les artistes et acteurs de la musique ont également un devoir d’éducation sur ses sujets. Voici donc ma pierre a l’édifice !